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1936-2006

Soixante-dix
ans de congés
payés.
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 La
joie des départs
Les
vacances, ce n'est pas du luxe, c'est un droit. Un
droit institué par l'Assemblée
nationale en 1936 avec l'adoption de la loi sur les
congés payés. Inimaginable
aujourd'hui, avant cette loi, les salariés
n'avaient pas de vacances. Ils travaillaient toute
l'année, avec un seul jour de repos par
semaine.
Dès
le début, la réalité des
vacances a été associée au
repos mais surtout au changement d'air, à la
découverte d'autres espaces. Pendant les
vacances tout est nouveau, on vit "en dehors" et
l'on se tourne vers les autres. Et les bienfaits en
sont nombreux, par exemple, dans les cahiers "Le
dire pour agir", une mère de familles
écrivait : "Quand on revient, les
problèmes sont toujours là, mais on
ne les voit plus pareil."
Pourtant
soixante-dix ans après cette avancée
sociale sans précédent un enfant sur
trois et 40 % des adultes ne partent toujours pas
en vacances.
Au
premier rang de ces exclus, les chômeurs bien
sûr, mais aussi ceux que l'on nomme
pudiquement les "travailleurs pauvres". Le Secours
populaire entend tout mettre en uvre pour que
notre pays n'en reste pas à cet amer
constat. En 2006, il faut faire en sorte que tout
les enfants aient au moins une journée de
vacances.
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Déjà
de très nombreuses personnalités et
partenaires se mobilisent et soutiennent les
bénévoles du SPF, comme ils l'ont fait pour la
vente des tickets du Don'actions, afin de réaliser
cette ambition.
Marc
CASTILLE directeur de la rédaction
Convergence
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La
précarité sociale oblige le
SPF à faire plus à partir de
la fin des années
70.
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C'est
en 1979 que l'association organise une
opération qui contribuera beaucoup à
la notoriété des causes qu'elle
défend : la journée des
oubliés des vacances. Parmi les plus
grandioses, citons "Soleil 2000" avec Zidane et
Ronaldo au Stade de France en 2000, et "Soleils du
monde" avec 60.000 enfants de France et du monde,
toujours au Stade de France, en 2005. Le Secours
populaire doit aussi faire face à la
situation d'un nombre croissant de familles qui
sacrifient leur budget
loisirs.

À
partir de 1987, l'association développe son
action destinée aux familles entières
et aide au départ des parents et des enfants
ensemble dans des gîtes, en camping ou dans
des maisons familiales. Les dispositifs des
chèques-vacances et des Bourses
solidarité-vacances lui permettront de
renforcer son activité dans ce
domaine.

Au-delà
de la commémoration, le travail du Secours
populaire s'inscrit donc dans l'anniversaire, mais
aussi dans l'esprit des congés payés
et du droit à l'épanouissement de
l'individu. En 1936, la loi qui instaurait deux
semaines de congés permettait à plus
de 600.000 travailleurs de partir pour la
première fois loin de chez eux.
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Soixante-dix ans plus tard, les enquêtes de l'Insee
révèlent que les vacances ne sont toujours pas
une réalité pour tous, ce que constatent
quotidiennement les bénévoles du SPF. Julien
Lauprêtre, le président s'en émeut
d'ailleurs : "Tant d'années après le vote des
congés payés, je trouve trop injuste qu'un
enfant sur trois ne parte pas en vacances et que 40% des
Français ne connaissent pas la joie des
départs."
Les
fédérations du Secours populaire vont donc
mettre les bouchées doubles. Plusieurs d'entre elles
se sont déjà fixé des objectifs :
Saint-Étienne, par exemple, prépare une grande
journée vacances le 26 mai 2006, le SPF de
Clermont-Ferrand prévoit de faire partir 70 familles
; la région Île-de-France organise un rallye
cycliste Paris-Trouville en août 2006 ; dans le Nord
un train à vapeur va relier Arras à la plage
de Malo-les-Bains... Les idées fusent aussi pour la
collecte de fonds : plus d'enfants et de familles en
vacances, cela nécessite plus de moyens. Il est
déjà possible d'en dévoiler deux : la
vente de canotiers et des collectes aux péages des
autoroutes. En attendant, le SPF a déjà
assuré un ton offensif pour sa campagne vacances avec
son slogan "1936-2006, les vacances, ce n est pas du
luxe."
A.-M.
Cousin et Laurent Urfer
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 On
a toujours le sourire
pendant
les vacances
Dès
la fin de l'été 2005 et de la
journée Soleils du monde, les
bénévoles du Secours populaire
rêvaient déjà de faire de cet
anniversaire une réaffirmation du droit aux
vacances pour tous. Une idée qui jalonne
l'histoire de l'association.
En 1960,
le Secours populaire organise une colonie à
Roquefort-la-Bédoule, dans les
Bouches-du-Rhône.
Aujourd'hui,
il fait les choses en grand avec des
séjours, mais aussi la journée des
oubliés comme, ci-contre, en
2005.
Avant
même la naissance officielle du Secours
populaire français en 1945, le Secours
populaire de France organisait l'accueil d'enfants
victimes de la guerre d'Espagne chez des personnes
âgées entre 1936 et 1939. Dès
1944, le mouvement sort de la clandestinité
à laquelle était contrainte la
Résistance et organise sa première
action de vacances en offrant à 200 enfants
de déportés et fusillés un
séjour en Auvergne, à La Bourboule.
Depuis, le droit aux vacances reste une
préoccupation constante de l'association qui
sait déceler la détresse même
pendant les Trente Glorieuses
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Une multitude
d'actions témoignent de cette tendance :
départs de jeunes en camping dans l'immédiat
après-guerre, aide aux départs d'enfants en
colonie dans les années 50, partenariat avec des
comités d'entreprises comme la SNCF, EDF-GDF ou
Renault et les acteurs du tourisme social, etc.
L'année
1963 marque l'inauguration d'une nouvelle formule et d'une
nouvelle conception des vacances : se sont les premiers
départs dans des familles d'accueil aux Pays-Bas avec
Europa Kinderhulp, toujours partenaire du SPF en 2006. Cette
forme de séjour se développe alors en France
et, depuis, des milliers d'enfants issus de familles en
difficulté ont été accueillis dans des
familles de vacances ravies de se dire qu'il y a toujours de
la place pour un copain de plus.
 Temps
forts
Alors que nous
commençons notre campagne d'été 2006,
les idées pour fêter les 70 ans des
congés payés sont déjà
nombreuses dans les départements. Notre objectif est
de participer et d'être à l'initiative de
manifestations publiques, notamment le 11 juin 2006, date
anniversaire de la signature des accords Matignon de 1936.
Pour cela, les fédérations prennent contact
avec leurs partenaires et mettent en place des actions
autour des vacances pour les enfants, les familles, les
jeunes et les personnes âgées.
Par exemple,
à Dijon nous organisons un séjour d'une
semaine à Venise pour 50 personnes. Au niveau
national, nous sommes en relation avec des ministères
et des organismes de vacances pour des projets communs. Mais
nous voulons aussi que cet été le plus grand
nombre de personnes puisse partir en vacances. Autre temps
fort de cette campagne : le recueil de témoignages
sur les vacances grâce à une
réédition des cahiers "Le dire pour
agir".
Les
bénévoles vont les faire circuler. Les anciens
y écriront leurs souvenirs de vacances, des
bénéficiaires leurs attentes et les enfants
leurs rêves. Tous ces témoignages seront
ensuite réunis dans un ouvrage que le SPF
éditera en partenariat avec Radio-France en
2007.
Jacqueline
MÉRIGOT, Secrétaire nationale du SPF
Photos
© Spf
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Un
enfant sur trois ne part pas en
vacances.
Afin de permettre aux enfants issus de familles
défavorisées de profiter pleinement
des vacances, nous proposons aux familles plus
chanceuses daccueillir lun dentre
eux sur leur lieu de vacances.
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Vous
pouvez devenir vous aussi « famille de
vacances ».
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