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Droits
de l'enfant
Une
petite place dans le monde des grands.
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Droits
de l'enfant. Reculs et avancées en
France.
Droit
à lidentité, à
léducation, à la santé,
ou droit dêtre protégé
contre la violence. Ces principes sont contenus
dans la Convention internationale des droits de
lenfant, la Cide, dont le monde fêtera,
lan prochain, le vingtième
anniversaire. À lévidence, le
sort des enfants en France est plutôt
enviable si on le compare à dautres
pays. Mais on peut se demander où en est
aujourdhui la dynamique des droits des
enfants. Premier constat : très peu
danimations officielles sont prévues
pour le 20 novembre prochain. La France
était pourtant le premier pays à
décréter cette date Journée
internationale des droits de lenfant,
dès 1990. Notre pays a-t-il quelque chose
à cacher.?
Tour dhorizon, non exhaustif, des
avancées et des points noirs à
relever depuis la ratification de la Cide. La prise
en compte de la parole de lenfant a
progressé, bien sûr. Françoise
Dolto est passée par là... "Avec son
travail, on a effectivement beaucoup avancé.
Sa position était claire.:
quel que soit son âge, un sujet doit
être écouté. Pour autant, elle
na jamais préconisé la
débauche de parole chez lenfant",
explique Georges Juttner, pédopsychiatre qui
a travaillé avec celle qui créa des
lieux daccueil et découte pour
les parents et leurs jeunes enfants, les fameuses
Maisons vertes.
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Mais
le psychanalyste met en garde contre la sacralisation de la
parole de lenfant, en renvoyant au calamiteux
procès dOutreau. De même, certains ont
bien tenté dattribuer à Françoise
Dolto la dérive dite de lenfant roi. "Or, dans
son esprit, léducation avec ses
interdits structurants comporte certaines
règles, confie Claude Boukobza, psychanalyste
à lhôpital de Saint-Denis, en
Seine-Saint-Denis. La place de lenfant doit être
à la périphérie du monde adulte, sans
le parasiter. Par ailleurs, on peut saluer le fait et
Dolto y est pour quelque chose
quaujourdhui, les parents consultent plus
facilement un pédopsychiatre .:
auparavant, on ne le faisait quen dernier recours et
lorsque lon pensait que lenfant était
malade. Beaucoup découvrent avec ces consultations
lintérêt de la parole et de
lécoute."
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Côté
vie citoyenne, la prise de parole des enfants se
développe, au niveau local surtout. La
multiplication, depuis une quinzaine
dannées, des conseils municipaux des
enfants permet à des enfants élus par
leurs pairs de soumettre des projets à la
collectivité. En matière judiciaire,
parmi les avancées, on peut sans conteste
citer le droit pour les mineurs dêtre
entendus en justice (depuis 1993). Auparavant, ce
nétait quune simple
possibilité laissée à
lappréciation du juge. Il sagit
de permettre à lenfant "capable de
discernement" de faire connaître ses
sentiments dans une procédure qui le
concerne. Du côté de
lautorité parentale, on donnait jusque
récemment la préférence au
"parent gardien". On parle désormais de
résidence alternée.:
les deux parents ont le même statut
juridique. Lautorité nest plus
liée au nombre de nuitées. "Un enfant
a deux parents et la loi le considère
enfin", explique Georges
Juttner.
La
loi protège et offre un statut particulier
aux enfants. Mais dans les faits, certains sont-ils
plus égaux que
dautres.?
Prenons le cas des mineurs étrangers
isolés, par exemple.
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Chaque
année, des dizaines arrivent en France dans les
aéroports, les ports et les gares.
Théoriquement, ils sont susceptibles de
bénéficier du dispositif de protection de
lenfance en danger. Leur droit à la protection
est bien souvent bafoué.:
ils sont plus souvent considérés comme des
étrangers illégaux que des enfants en danger.
LAssociation nationale dassistance aux
frontières pour les étrangers,
lAnafé, recense les cas de mineurs
étrangers isolés présents dans les
zones dattente des aéroports de Roissy et
dOrly. Elle révèle quen 2006, 604
personnes se sont déclarées mineures à
la frontière. Parmi celles-ci, 350 ont
été directement refoulées sans
bénéficier du dispositif de protection de
lenfance.
Les
principes de la Convention sont fragiles
Parmi les
avancées juridiques, on cite souvent la loi n°
2007-293 du 5 mars 2007 qui réforme la protection de
lenfance. Elle sest donnée trois
objectifs.:
renforcer la prévention, améliorer le
dispositif dalerte et de signalement, diversifier les
modes dintervention auprès des enfants et de
leur famille. Le suivi médical en sort
renforcé puisquun bilan de santé est
institué pour tous les enfants de trois à
quatre ans. De plus, la loi rend obligatoire un entretien
psychosocial au cours du quatrième mois de grossesse.
Mais celui-ci est déjà sujet à
controverse. En matière judiciaire, la France
séloigne des principes de la Convention
internationale des droits de lenfant. La loi revient
de plus en plus, cest la tendance, vers des
orientations en vogue avant les ordonnances de 1945 en
matière de responsabilité pénale et
demprisonnement. Dominique Versini, la
Défenseure des enfants un poste
créé par le Parlement en 2000 sen
inquiète.:
"Avec les dernières lois (celles sur la
récidive et la prévention de la
délinquance, NDLR), on séloigne des
principes de la Convention internationale des droits de
lenfant en voulant appliquer la justice des majeurs
aux mineurs." Autre point noir à
relever.:
les enfants dont la famille vit sous le seuil de
pauvreté. Combien sont-ils.?
Un million si lon retient une définition
stricte du seuil de pauvreté monétaire
50% du niveau de vie médian. Près de deux
millions si lon se réfère aux
critères européens 60% du niveau de vie
médian. Un chiffre bien trop important pour un pays
développé. Avec la crise financière
actuelle, la situation pourrait
saggraver.
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Autre
domaine où la France doit mieux
faire.:
la scolarisation des enfants handicapés. La
loi du 11 février 2005 sur la participation
et la citoyenneté des personnes
handicapées renforce certes les actions en
faveur de la scolarisation des élèves
handicapés. Elle affirme le droit pour
chacun à une scolarisation en milieu
ordinaire au plus près de son domicile et
à un parcours scolaire continu et
adapté. Cette loi a même
créé un droit opposable. Or, le
problème nest pas une affaire de
textes, mais de moyens.:
les établissements scolaires manquent
dauxiliaires de vie scolaire (AVS) et
denseignants formés. Aujourdhui
encore, entre 15.000
et 20.000
enfants porteurs de handicap ne sont pas
scolarisés.
Enfin, il faut évoquer la maltraitance.
Progresse-t-elle.?
Lassociation Enfance et Partage, il y a vingt
ans, avait proposé à
lÉtat la création dun
numéro durgence. Elle
sétait heurté à un refus
et avait alors décidé de mettre en
service une ligne téléphonique
anonyme et gratuite.
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Selon
Christian Gautier, son président, "nous manquons de
chiffres exacts. Chaque tribunal ne tient pas un
décompte précis. Mais en vingt ans, des
progrès ont été faits dans la
détection". Lassociation révèle
que les cas de mauvais traitements recueillis au
numéro vert, le 0800051234, sont en majorité
infligés dans le cadre familial. Dans 82,6% des cas,
les appels dénoncent des violences au sein de la
famille.:
70% signalent des maltraitances physiques, des litiges
liés à la garde dans un divorce ou une
séparation, et des négligences ou privations.
Environ 18% rapportent des maltraitances psychologiques et
des attouchements sexuels. Les cas de dénonciation de
viols avoisinent les 12%. Il y a aujourdhui environ
20.000
enfants maltraités et 90.000
en danger en France. Notre pays a donc encore du pain
sur la planche.
Dossier
complet sur le site national du
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